Cristiano Ronaldo envoie le Real en demi-finales de Ligue des champions après un match fou contre le Bayern

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Ronaldo a fait très mal au Bayern. (Reuters)

Le match : 4-2 a.p.

Finale avant l’heure pour beaucoup d’observateurs, le choc entre le Real Madrid et le Bayern Munich a encore été exceptionnel, lors de son second acte. Renversant la semaine dernière à Munich (2-1), le Real devait simplement gérer son avance confortable, mais le risque d’un match cadenassé a été vite évacué. Le niveau a été incroyable pendant 90 minutes au Bernabeu, avec deux équipes offensives. Et pour que la fête soit complète, le Bayern a arraché une prolongation. 120 minutes de bonheur, finalement conclues par une qualification madrilène portant le sceau d’un homme : Cristiano Ronaldo (voir par-ailleurs).

A la pause, 21 tirs avaient déjà été tentés (13 pour le Real, 8 pour le Bayern), un record cette saison en Ligue des champions. Seuls les buts se faisaient encore attendre. Le Real a globalement dominé la première période, avec des enchaînements rapides, et des contres tranchants. Marcelo notamment n’a cessé de progresser sur son côté gauche. A la pause, la possession penchait en faveur du Bayern, mais les Bavarois peinaient à faire mal dans les trente derniers mètres, malgré de bonnes combinaisons sur les côtés.

Le match s’est débloqué après la mi-temps. Après un sauvetage fou de Marcelo (51e, voir par ailleurs), le Bayern a obtenu un penalty, pour une faute de Casemiro sur Robben (52e). Lewandowski, qui avait tant manqué aux Bavarois au match aller, l’a transformé, avec un réalisme froid (53e). Le Bayern, décomplexé, a manqué de prendre l’avantage sur une reprise acrobatique de Ribéry (57e).

Zidane, voyant son équipe en danger, a réagi, en lançant Asensio (64e) puis Vazquez (71e) pour apporter un nouveau souffle à son attaque. Le Real a repris confiance, et a réagi par l’indispensable Ronaldo (76e). Pas le temps de savourer toutefois, puisque le Bayern a réagi du tac au tac, sur un but contre son camp de Ramos (78e, voir par ailleurs). Arturo Vidal, déjà à la limite à plusieurs reprises, a fini par être expulsé par M.Kassai, pour une faute peu évidente sur Asensio (84e).

La prolongation s’annonçait compliquée pour les Bavarois en infériorité numérique. Elle l’a été. Ronaldo a égalisé, en profitant d’une erreur d’arbitrage (105e), puis la machine merengue s’est emballée. CR7 encore (109e), puis Marco Asensio (112e), ont assuré la qualification du Real, en route pour conserver son trophée.

Arturo Vidal a reçu son premier carton rouge en Ligue des champions, après 16 cartons jaunes. Avec l’expulsion du Chilien et celle de Javi Martinez la semaine dernière, le Bayern a eu pour la première fois un joueur expulsé à l’aller et au retour dans un match de C1. Et ces deux infériorités numériques ont pesé.

Le joueur : Ronaldo, forcément

On le dit vieillissant, on le voit moins percutant, mais Cristiano Ronaldo reste un joueur simplement extraordinaire. Déjà auteur d’un doublé à l’aller, le Portugais a encore porté le Real ce mardi, avec un triplé. Proche de la passe décisive sur des tentatives de Carvajal (26e) et Benzema (36e), il a vu sa frappe frôler la transversale avant la pause (42e). S’il est moins omniprésent qu’à sa grande époque, CR7 a su être tranchant au moment idoine. Sur une ouverture de Casemiro, il a placé une tête puissante dont il a le secret, pour arracher une égalisation bienvenue à ce moment-là du match (76e).

Sa frappe surpuissante a ensuite obligé Neuer à un arrêt de grande classe (97e). Huit minutes plus tard, il a profité de la passivité de l’arbitre pour marquer son deuxième but, en position de hors-jeu, après un service de Ramos (105e). Il a enchaîné dans la foulée, en marquant de près après un festival de Marcelo (109e), pour porter son total à 103 buts en C1. Zidane voulait le sortir avant la fin pour le préserver en vue du Clasico dimanche, mais le technicien français a fait marche arrière. On le comprend.

Le fait : Ramos a eu peur du mauvais revival

Le 25 avril 2012, Sergio Ramos s’était écroulé. Le défenseur madrilène, d’ordinaire si fier, était inconsolable après avoir complétement manqué son tir au but, en demi-finale de C1, précipitant l’élimination du Real, face au Bayern Munich au Bernabeu. Cinq ans plus tard, au même endroit, face au même adversaire, le défenseur espagnol a encore baissé la tête. Moins de deux minutes après l’égalisation de Ronaldo, qui avait embrasé tout un stade, le capitaine merengue a tout éteint. Sous la pression de Lewandowski, il a trompé Navas d’un geste inexplicable, ressemblant à une passe mal assurée (78e). Mais cette fois, Ramos a su se relever : c’est son centre qui a abouti au deuxième but de Ronaldo, au début de la prolongation.

Le duel : Boateng-Marcelo, un sauvetage chacun

Dans cette partie offensive à souhait, les défenseurs ont eu de multiples opportunités d’être dans la lumière au stade Santiago-Bernabeu. Dans cette orgie d’occasions, deux sauvetages méritent d’être sortis du lot. Celui de Boateng tout d’abord, qui s’est sacrifié pour repousser une frappe puissante de Ramos, après un ballon mal capté par Neuer (29e). Marcelo a lui repoussé sur la ligne madrilène, en ayant le courage de placer sa tête sur une reprise à 10 mètres de Robben (51e). Le latéral gauche madrilène a fait un match énorme, alors que Boateng a fini en boitillant, touché à une cuisse en deuxième période.